Sunday, July 11, 2004

Neverland

Tous des clowns. Rien ne va.
Ils se croient si importants.
Ils font ce qu'on leur dit de faire, chacun est dans son rôle, et répète son texte.
Mais en fait ils ne sont rien.
Il ne se rendent pas compte à quel point ce qu'ils font n'a aucune importance.
Le vie c'est comme un théatre, mais personne ne peut choisir son rôle.
Notre insignifiante communauté d'animaux impose tout, aucune liberté.
Et ils se croient si évolués.
En quoi l'homme serait il mieux que les fourmis ?
Tout ce qu'un humain sait faire c'est détruire la nature autour de lui, au nom du progrès.
Mais en fait on ne vaut rien, on est la seule espèce à tout éradiquer, au nom de quoi ?
On est les seuls à avoir besoin de tant d'objets, à être si matérialistes, à s'habiller, ridiculement d'ailleurs, à s'inventer des loisirs et à créer des besoins indispensables qui ne le sont pas.
Regardez ces gens dans la rue qui marchent,
ils ont l'air si sûrs d'eux, si décidés, mais en fait pour aller où ?
Ils ne se voient même pas entre eux, ils sont si vitreux, si glacials.
Et le temps passe si vite, il nous rappelle que la vie n'est rien et que chaque jour nous rapproche un peu plus de la mort.
Est ce notre société qui veut ça ?
De temps en temps on croise quelques délurés, que le sort a épargné, ils rient eux au moins, de tout et de rien, souvent d'un rien, mais ils ne sont pas dans la norme, il faut les exclure.
Qu'est ce qui importe le plus maintenant ?
L'argent. Le pouvoir, mais pour avoir le pouvoir il faut de l'argent.
D'ailleurs, pourquoi toujours avoir un chef ?
On dirait qu'on est incapables d'avancer dans la vie, de construire quelque chose tous ensemble sans qu'il y en ait un qui prenne le dessus et qui décide pour les autres.
Pathétique.
A croire que notre vie se limite à ça.
On en demande trop à tout le monde.
Aucun môment de répit, et c'est la productivité qui l'emporte.
Dès la naissance il faut suivre des rythmes et des règles, vous croyez pas que les enfants à l'école saturent ?
Pourquoi ne pas les laisser rester des enfants encore un peu ?
L'école finie ils sont obligés de travailler leurs devoirs, et au fur et à mesure qu'ils grandissent il y en a de plus en plus, ils ne dorment plus assez.
Et on s'étonne qu'il y ait des enfants difficiles, perturbés, agités...
Ensuite au collège et au lycée il faut se préparer pour un examen, mais on est notés depuis la maternelle, catalogués.
Cet examen, ce petit bout de papier, qui a pourtant une valeur forte, c'est le brevet et le bac.
Mais que faire des enfants non scolaires, qui ne rentrent pas dans le moule, si vieux et trop peu adapté aux enfants d'aujourd'hui ? Ils sont qualifiés de bons à rien, on leur présente des formations non intellectuelles, on ne peut pas les qualifier de sots métiers, mais on s'étonne ensuite qu'ils soient traitées en moins que rien.
J'affirme qu'il n'y a pas une intelligence universelle.
Pourquoi en privilégier une plutôt qu'une autre ?
Tout d'abord, je m'appuie sur des personnages réels.
Ce sont deux enfants de 2 ans et demi, Julien et Maxime.
Julien, le premier est un de ces enfants dits éveillés, il parle tôt et bien, il est déjà bavard et son discours est tout à fait censé. Nous pouvons dire qu'il est intelligent, ne l'est il pas d'ailleurs ? Ne fatigue t-il pas son monde à les souler de mots, et pourtant n'est il pas intéressant ?
C'est ce que j'appellerais un intellectuel, mais néamoins il porte encore la couche et a deux mains gauches il n'est pas habille, son monde ce sera les mots et la pensée.
Maxime est un enfant bien différent. Trop timide, il ne parle jamais, bien qu'il sache dire des mots et des phrases correctes, il préfère se taire. c'est un enfant propre, sage, fragile, rêveur, observateur aussi. Il excelle en travaux manuels, en dessin, en construction de Légos (R). C'est un petit très intelligent, mais est il comparable à Julien ? Son intelligence est plus pratique, plus manuelle, ses mains sont fines et précices.
Lequel sera celui qui réussira à l'école, qui sera à l'avance privilégié ?
C'est Julien, parce qu'il ose, et que seul avec Maxime il prendra le dessus par la parole, c'est un leader, et dans cette société il en faut toujours, Maxime c'est le timide, celui qui se laissera faire, de nature...
Mais pourtant ne vaut il pas autant sinon mieux ? Ne sont ils pas complémentaires ?

Et pour les loisirs ?
Les jeux d'argent, la télé réalité pour voir comment vivent les autres, et pourtant qui sont si vites oubliées.. on prend on jette etc...
Même lorsqu'on ne veut que faire un sport en loisir on se confronte toujours à la compétition.
Si l'on veut par exemple se baigner à la plage, il faut être dans le modèle des femmes mannequins et/ou anorexiques pour se faire remarquer, si possible avoir une grande poitrine, ajoutée par chirurgie ou pas.
Il faut toujours correspondre à une norme, faire quelque chose sur soi pour plaire aux autres.
Qui d'entre nous peut affirmer être fidèle à lui même et à ce qu'il pense ?
Peu de monde, peut être les marginaux, moi pas en tout cas.
En fin de compte ça revient au même, on passe quelque temps sur Terre, en se croyant important, essayant de changer quelque chose, de graver son nom dans l'histoire, peu y arrivent, et puis on meurt, on passe tous par là, tôt ou tard, le sort est déjà cloturé, qu'on ait fini sa quête ou non d'ailleurs.

Dans le film "Malabar Princess", il y a une réplique que j'aime beaucoup,
Jules-Angelo Bigarnet, incarnant Tom, dit à son grand père :
- "c'est ça que je ferai plus tard !"
- "quoi ? du bobsleig ?" lui répond il surpris,
- "non vieux, comme ça j'serais mort moins longtemps"
- "et ben elle a pas dû s'ennuyer la psychologue".
Il y peut être deux choses importantes à commenter ici.
La première, c'est un enfant parlant de la mort, c'est un sujet tabou, tout le monde le sait.
Bien sûr ce n'est qu'un film, racontant l'histoire d'un enfant traumatisé par la disparition de sa mère...
La seconde c'est la réponse du grand père, c'est même plutôt amusant, il ne lui répond pas vraiment, il se détourne de la conversation pour s'en remettre à une personne tierse, et pas nimporte qui, une psy !
Attention, je n'ai rien contre les psychologues, mais au moindre petit coup qui va mal on se fait assister par des spécialistes... C'est une société d'assistés, et je suis de ceux là.
Je n'arrive à rien toute seule si je ne suis pas poussée, portée par quelqu'un qui me soutient, me donne son avis, m'aide.
Ce n'est pas une bonne chose au fond, je le sais, parce que je manque d'autonomie.
Je ne serais jamais ambitieuse, préférant me laisser faire, le regretter ensuite et raconter mes malheurs aux autres...

J'aurais encore beaucoup de choses à raconter, mais on va en rester là, c'est inutile...


Bienvenue à Neverland, le monde qui n'existe pas.
Je m'allonge par terre et je regarde le ciel, quand même c'est beau la vie. FIN